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Fatherland - Robert Harris - Pocket - 1992
Commençons par planter le décor. Nous sommes en Allemagne
en 1964. Le pays s'apprête à fêter en grandes pompes le 75ème anniversaire d'Adolf Hitler. En effet l'Allemagne a gagné la Seconde Guerre mondiale. La Pologne n'existe plus, le Reich s'étend
jusqu'à Moscou, l'Europe est sous la domination politique et économique de l'Allemagne. Les Etats-Unis, sous la présidence de Joe Kennedy, s'apprêtent à signer un accord de détente avec le
Führer. Rien que cela fait froid dans le dos.
L'intrigue débute comme n'importe quel roman policier. Un officier de la police est chargé d'enquêter après la découverte d'un corps sur les rives d'un lac : suicide ou meurtre ? Sauf que ce policier, Xavier March, qui est inspecteur de la Kriminalpolizei et également officier SS, va mettre les pieds dans une affaire dont il ignore la portée et qui le dépasse. Poursuivant son enquête malgré les avertissements, et à l'aide d'une journaliste américaine, il va être amené à plonger dans un passé que tous les dirigeants allemands veulent cacher, à savoir la conférence de Wannsee de 1942 et la solution finale menant à l'extermination des Juifs d'Europe.
Cela faisait un moment que j'avais repéré ce livre. J'ai profité du challenge consacré à l'uchronie pour sauter le pas. Et bien, quelle uchronie ! Du costaud ! J'avoue que cette lecture a été particulièrement éprouvante, pour de multiples raisons : le contexte historique bien sûr avec la domination de l'idéologie nazie, dans un pays où règne la peur, la suspicion, le secret, la façon dont amenée la question du génocide juif du point de vue allemand, glaçante, terrifiante. Et également le fait de suivre un personnage principal SS, a priori pas spécialement sympathique. Mais là on reconnaît le talent de l'auteur, qui sait tenir en haleine le lecteur, avec une intrigue pleine de rebondissements. Tout n'est pas non plus complètement noir, car l'inspecteur March est plutôt modéré, il est mal vu de sa hiérarchie (pas assez patriote, pas assez impliqué dans la SS, mauvais citoyen en somme) et surtout il se pose des questions : que sont devenus les Juifs ? Où sont-ils ? Pourquoi est-ce un sujet tabou ? On en vient même à avoir de l'empathie pour lui.
Pour conclure, je ne regrette absolument pas la lecture de ce roman, qui est très bien construit, mais ce fut une lecture éprouvante qui laisse un goût amer et qui fait réfléchir au passé, à l'importance des archives et de ce qu'on en fait, et au nécessaire devoir de mémoire. Maintenant je vais passer pour quelques temps à des lectures beaucoup plus légères...
Oui ils voyagent :-) Je veux bien te le prêter mais je dois le récupérer pour le 31 mars pour le prêter à une amie qui vient de Bretagne et à qui je l'ai promis. C'est pire qu'à la médiathèque chez moi ;-)